EUDR : le calendrier mis à jour — nouvelle échéance en 2026, obligations et prochaines étapes pour les entreprises

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janvier 30, 2026

Temps de lecture 13 min.

En décembre 2025, l’UE a approuvé une révision ciblée du règlement EUDR afin de laisser davantage de temps aux entreprises et aux dispositifs d’accompagnement pour se préparer. Dans l’attente de nouvelles orientations, la Commission européenne a invité les parties prenantes à formuler leurs observations. Les contributions sont attendues d’ici fin janvier 2026 ; les soumissions anticipées sont encouragées afin d’alimenter les travaux en cours. La prochaine étape clé interviendra le 30 avril 2026, avec la publication par la Commission d’un « examen de simplification », destiné à évaluer l’impact du règlement EUDR ainsi que la charge administrative qu’il implique.

En vertu du règlement modifié, la date d’application principale est repoussée du 30 décembre 2025 au 30 décembre 2026 pour les opérateurs et les négociants de taille moyenne et grande. Pour les micro-entreprises et les petites entreprises, l’EUDR s’appliquera à compter du 30 juin 2027.

Le point clé est simple : seule la date d’application a été modifiée. Les obligations fondamentales, en revanche, restent inchangées. Le cadre de l’EUDR, son champ d’application, ainsi que la structure du devoir de vigilance demeurent pleinement intégrés au droit européen.

Ce report d’un an vise à permettre une préparation plus sereine et un allègement administratif ciblé, sans compromettre les objectifs environnementaux du règlement. L’un des enjeux majeurs reste la préparation opérationnelle, notamment la stabilité et la capacité de montée en charge du système d’information EUDR de l’UE (EU TRACES). Ce délai supplémentaire vise donc à limiter les risques liés à la mise en œuvre et à aider les entreprises à déployer des processus automatisés plus robustes et plus fiables.En revanche, les obligations fondamentales ne changent pas, notamment pour les premiers opérateurs (importateurs). La conception et le déploiement des processus EUDR prenant plusieurs mois, la démarche la plus pertinente consiste à tirer parti de ce délai pour cartographier les produits et les fournisseurs, mettre en place les systèmes adéquats et structurer des workflows prêts à être audités.

Rôles dans le cadre du règlement EUDR : qui est concerné et comment ?

En vertu du règlement EUDR modifié (règlement 2025/2650), l’impact varie selon un critère déterminant : le rôle occupé dans la chaîne d’approvisionnement. Le règlement distingue en particulier les premiers opérateurs et les opérateurs ou négociants en aval.

Premiers opérateurs

Les premiers opérateurs sont les entreprises qui mettent pour la première fois* sur le marché de l’UE un produit concerné. Dans la pratique, il s’agit le plus souvent des importateurs, des fabricants établis dans l’UE qui commercialisent des produits concernés, ainsi que des exportateurs de l’UE.

Le report d’un an leur offre davantage de temps pour mettre en place des processus évolutifs et robustes, capables de résister aux exigences d’audit. En revanche, leurs obligations de conformité demeurent inchangées. Les premiers opérateurs doivent toujours mener un devoir de vigilance de bout en bout, incluant notamment :

*Les exportations bénéficient d’un régime simplifié: dans la plupart des cas, aucune soumission de DDS distincte ni référence douanière spécifique n’est requise. Il reste toutefois recommandé de conserver une traçabilité complète. En cas de réimportation des produits dans l’UE, le nouvel importateur devra disposer d’ensembles de données exhaustifs afin de soumettre une documentation conforme

Entreprises non européennes : qui est le premier opérateur ?

Pour les entreprises établies hors de l’Union européenne, la question déterminante est simple : qui importe effectivement les marchandises dans l’UE ?

  • Si l’entreprise non européenne agit elle-même en tant qu’importateur, elle est considérée comme le premier opérateur et doit se conformer à l’ensemble des obligations prévues par le règlement EUDR, notamment en matière de diligence raisonnable et de soumission via le système TRACES.
  • En revanche, lorsqu’un fournisseur non européen vend ses produits à un importateur établi dans l’UE, ce dernier devient le premier opérateur. Le fournisseur non européen n’est alors pas directement soumis au règlement. Il doit toutefois être en mesure de fournir et de conserver des données EUDR complètes et fiables — telles que la géolocalisation, les informations sur la chaîne d’approvisionnement et les données relatives aux risques — afin de permettre à son client de soumettre une DDS conforme. Ce point marque une évolution importante des attentes à l’égard des fournisseurs. La capacité à fournir des données EUDR fiables devient un critère de plus en plus déterminant dans les décisions d’achat des entreprises européennes.

Pour approfondir ces notions, consultez notre checklist EUDR dédiée aux importateurs, qui détaille les rôles, le périmètre et les principales définitions applicables.

(Premiers) opérateurs en aval et négociants

Les opérateurs en aval interviennent après la mise sur le marché de l’UE. Cela inclut les négociants — tels que les grossistes, distributeurs et détaillants — ainsi que les opérateurs qui transforment des produits déjà mis sur le marché en nouveaux produits concernés par l’EUDR.

La charge administrative liée au règlement a été allégée pour ces acteurs : ils ne sont plus tenus de soumettre une déclaration de diligence raisonnable (DDS) indépendante. En revanche, leurs obligations de conformité demeurent substantielles. Les entreprises en aval doivent être en mesure de relier les produits commercialisés à une DDS en amont, de conserver les informations pertinentes pendant au moins cinq ans et de répondre aux contrôles des autorités compétentes. Concrètement, cela implique de :

  • Maintenir une traçabilité continue tout au long de la chaîne d’approvisionnement ;
  • S’assurer que chaque produit peut être rattaché à une DDS en amont, notamment en conservant les numéros de référence DDS fournis par les fournisseurs ;
  • Conserver les registres requis relatifs aux produits et aux fournisseurs ;
  • Coopérer avec les autorités compétentes en cas de contrôle.

Pour savoir rapidement où vous en êtes dans le cadre de l’EUDR et identifier vos prochaines étapes, répondez à notre questionnaire — moins d’une minute suffit.

Comment les premiers opérateurs et ceux en aval doivent mettre à profit l’année supplémentaire 

Cette année supplémentaire constitue une opportunité de renforcer les processus et de réduire les risques liés à la mise en œuvre. Les entreprises qui utiliseront ce délai pour normaliser leurs données, automatiser leurs workflows et renforcer la traçabilité aborderont la fin de l’année 2026 avec une pression opérationnelle nettement réduite.

Pour les premiers opérateurs, la priorité reste la mise en œuvre d’un devoir de vigilance à l’échelle industrielle. Les exigences réglementaires n’ayant pas évolué, l’enjeu porte désormais sur le déploiement à grande échelle : automatisation des processus, configurations système évolutives et structures de données prêtes pour l’audit. L’année 2026 doit être mise à profit pour intégrer la création et la validation des DDS dans des workflows reproductibles, renforcer la collecte des données des fournisseurs — en particulier la géolocalisation — et constituer des dossiers documentaires conformes.

Pour les opérateurs et négociants en aval, la priorité est la traçabilité et le contrôle. Même avec la simplification des étapes liées à TRACES, la préparation reste essentielle : les flux de produits et les numéros de référence doivent demeurer solidement rattachés au devoir de vigilance en amont. Sans une visibilité complète sur la chaîne d’approvisionnement, la gestion des risques se fragilise et l’exposition juridique augmente. Le délai supplémentaire doit donc servir à fiabiliser la saisie des données, la gestion des numéros de référence, la tenue des registres et la capacité à répondre rapidement aux demandes des autorités.

Préparation à l’EUDR : recommandations selon votre niveau de maturité

Que vous en soyez aux premières étapes, en cours de déploiement, déjà prêt pour l’EUDR ou pas encore directement concerné, des actions concrètes peuvent être engagées dès maintenant pour limiter les risques et éviter une mise en conformité d’urgence. Les recommandations ci-dessous indiquent les priorités sur lesquelles vous concentrer, en fonction de votre niveau de maturité actuel face aux exigences de l’EUDR.

Pas encore commencé

Commencez par définir le périmètre et établir une cartographie claire. Identifiez l’ensemble des produits, des matières premières et des codes NC/SH concernés par l’EUDR, puis cartographiez les fournisseurs et les zones d’approvisionnement associées. Cette étape permet de clarifier votre niveau d’exposition et l’ampleur des efforts à prévoir.

Définissez ensuite les exigences et la configuration cible. Identifiez les données nécessaires — géolocalisation, parcelles, chaîne de contrôle, certifications — et le responsable en interne. Déterminez également le niveau d’automatisation attendu à l’horizon 2026–2027. Les approches manuelles ne permettront ni de gérer les DDS au niveau des expéditions ni d’assurer une surveillance continue : le choix des outils et des systèmes doit donc intervenir dès cette phase.

Déjà en cours

Les équipes qui maintiennent leur dynamique à ce stade évitent les goulots d’étranglement et les tensions avec les fournisseurs.

Mettez à profit le délai supplémentaire pour renforcer l’engagement des fournisseurs, améliorer la qualité des données et tester les workflows. Une transparence précoce permet d’identifier les lacunes tant qu’il est encore possible de les corriger, réduisant ainsi les risques de non-conformité et la pression opérationnelle à l’approche des échéances.

EUDR déjà mis en œuvre

Considérez l’EUDR comme une infrastructure durable, et non comme un projet ponctuel. Les dispositifs les plus matures peuvent être étendus à la gestion des fournisseurs, à la surveillance des risques et au reporting, dans la mesure où les mêmes modèles de données soutiennent la transparence de la chaîne d’approvisionnement et d’autres cadres de devoir de vigilance.

C’est également le moment de réévaluer le niveau d’automatisation. Lorsque les processus reposent encore largement sur des tâches manuelles, le retour sur investissement reste limité. Les meilleures pratiques visent à réduire les efforts grâce à la réutilisation des données, à des workflows plus intelligents et à une automatisation renforcée au sein des équipes conformité, achats et développement durable.

Entreprises hors champ

Même les entreprises qui ne sont pas concernées à ce stade peuvent tirer parti d’une transparence minimale de leur chaîne d’approvisionnement. Le périmètre réglementaire est susceptible d’évoluer ; les priorités de contrôle peuvent se déplacer et les attentes des clients s’orientent de plus en plus vers un approvisionnement traçable et exempt de déforestation.

Dans ce contexte, une auto-évaluation de la transparence ou des pratiques de devoir de vigilance constitue souvent le point de départ le plus pertinent pour mesurer le niveau de préparation actuel et identifier d’éventuelles lacunes.

Mise en œuvre pratique de l’EUDR : pourquoi planifier à rebours depuis la chaîne d’approvisionnement

Les commandes sont passées plusieurs mois avant l’arrivée effective des marchandises, et les documents de conformité doivent être prêts bien avant que les processus d’expédition et de dédouanement ne les exigent. La préparation à l’EUDR doit donc être pensée à rebours, en partant du cycle réel de la chaîne d’approvisionnement — commande → délais d’approvisionnement → réception des marchandises — les données fournisseurs et les preuves de devoir de vigilance devant précéder les flux physiques.

Dans la pratique, de nombreuses entreprises ont besoin de plusieurs mois pour déployer des processus EUDR automatisés et évolutifs, et pour accompagner les transformations internes au sein des équipes achats, conformité, logistique et IT. Un démarrage tardif comprime l’intégration des fournisseurs, la collecte des données et l’adaptation des processus dans des délais irréalistes, augmentant ainsi le risque de lacunes dès les premières expéditions.

Plan de projet indicatif (exemple de calendrier)

  • D’ici février 2026 : définir le périmètre, attribuer les responsabilités et sélectionner le système ou le partenaire EUDR.
  • D’ici mai–juin 2026 : formaliser les processus cibles et configurer les principaux workflows.
  • Juin–août 2026 : intégrer les fournisseurs prioritaires et déployer la géolocalisation ainsi que la collecte des preuves.
  • Août–septembre 2026 : réaliser des tests de bout en bout sur des commandes réelles et combler les lacunes de données afin de stabiliser les opérations.

Septembre–novembre 2026 : basculer vers une exécution opérationnelle stable des marchandises entrantes, afin que la conformité devienne un processus courant.

Si vous ne savez pas encore par où commencer, nous proposons une série de webinaires live consacrés à la préparation à l’EUDR. Ils permettent de suivre les évolutions réglementaires de manière régulière, claire et sans pression. Inscrivez-vous à la prochaine session !

Pourquoi agir maintenant ?

Le calendrier de l’EUDR a évolué, mais la réalité opérationnelle, elle, reste inchangée. Les équipes doivent être prêtes bien en amont de la date officielle d’application afin d’éviter les goulots d’étranglement de dernière minute. Un plan de projet réaliste inclut la définition du périmètre, la collecte des données auprès des fournisseurs, l’intégration et les tests des systèmes, puis la montée en charge progressive des opérations quotidiennes.

La mise en place d’un dispositif EUDR de bout en bout prend généralement plusieurs mois. Les entreprises qui tireront parti de cette année supplémentaire pour structurer leur conformité, renforcer la transparence de leur chaîne d’approvisionnement et automatiser leurs processus seront prêtes lorsque la réglementation entrera en vigueur — et mieux positionnées que celles qui attendent.

L’EUDR ne doit pas être abordée comme une obligation ponctuelle, mais comme un socle pour améliorer durablement la transparence, la gestion des risques et la préparation aux exigences réglementaires futures. Avec osapiens HUB for EUDR, les entreprises peuvent remplacer les approches manuelles par une configuration évolutive réunissant traçabilité, évaluation des risques et automatisation au sein d’une plateforme unique. À la clé : une mise en conformité plus rapide, un effort opérationnel réduit et une gestion des données fournisseurs plus robuste dans un environnement réglementaire en constante évolution.

Demandez une évaluation de votre niveau de préparation à l’EUDR par osapiens afin d’identifier le chemin le plus direct vers une conformité opérationnelle et une transparence accrue de votre chaîne d’approvisionnement.


En décembre 2025, l’UE a approuvé une révision ciblée du règlement EUDR afin de laisser davantage de temps aux entreprises et aux dispositifs d’accompagnement pour se préparer. Dans l’attente de nouvelles orientations, la Commission européenne a invité les parties prenantes à formuler leurs observations. Les contributions sont attendues d’ici fin janvier 2026 ; les soumissions anticipées sont encouragées afin d’alimenter les travaux en cours. La prochaine étape clé interviendra le 30 avril 2026, avec la publication par la Commission d’un « examen de simplification », destiné à évaluer l’impact du règlement EUDR ainsi que la charge administrative qu’il implique.

En vertu du règlement modifié, la date d’application principale est repoussée du 30 décembre 2025 au 30 décembre 2026 pour les opérateurs et les négociants de taille moyenne et grande. Pour les micro-entreprises et les petites entreprises, l’EUDR s’appliquera à compter du 30 juin 2027.

Le point clé est simple : seule la date d’application a été modifiée. Les obligations fondamentales, en revanche, restent inchangées. Le cadre de l’EUDR, son champ d’application, ainsi que la structure du devoir de vigilance demeurent pleinement intégrés au droit européen.

Ce report d’un an vise à permettre une préparation plus sereine et un allègement administratif ciblé, sans compromettre les objectifs environnementaux du règlement. L’un des enjeux majeurs reste la préparation opérationnelle, notamment la stabilité et la capacité de montée en charge du système d’information EUDR de l’UE (EU TRACES). Ce délai supplémentaire vise donc à limiter les risques liés à la mise en œuvre et à aider les entreprises à déployer des processus automatisés plus robustes et plus fiables.En revanche, les obligations fondamentales ne changent pas, notamment pour les premiers opérateurs (importateurs). La conception et le déploiement des processus EUDR prenant plusieurs mois, la démarche la plus pertinente consiste à tirer parti de ce délai pour cartographier les produits et les fournisseurs, mettre en place les systèmes adéquats et structurer des workflows prêts à être audités.

Rôles dans le cadre du règlement EUDR : qui est concerné et comment ?

En vertu du règlement EUDR modifié (règlement 2025/2650), l’impact varie selon un critère déterminant : le rôle occupé dans la chaîne d’approvisionnement. Le règlement distingue en particulier les premiers opérateurs et les opérateurs ou négociants en aval.

Premiers opérateurs

Les premiers opérateurs sont les entreprises qui mettent pour la première fois* sur le marché de l’UE un produit concerné. Dans la pratique, il s’agit le plus souvent des importateurs, des fabricants établis dans l’UE qui commercialisent des produits concernés, ainsi que des exportateurs de l’UE.

Le report d’un an leur offre davantage de temps pour mettre en place des processus évolutifs et robustes, capables de résister aux exigences d’audit. En revanche, leurs obligations de conformité demeurent inchangées. Les premiers opérateurs doivent toujours mener un devoir de vigilance de bout en bout, incluant notamment :

*Les exportations bénéficient d’un régime simplifié: dans la plupart des cas, aucune soumission de DDS distincte ni référence douanière spécifique n’est requise. Il reste toutefois recommandé de conserver une traçabilité complète. En cas de réimportation des produits dans l’UE, le nouvel importateur devra disposer d’ensembles de données exhaustifs afin de soumettre une documentation conforme

Entreprises non européennes : qui est le premier opérateur ?

Pour les entreprises établies hors de l’Union européenne, la question déterminante est simple : qui importe effectivement les marchandises dans l’UE ?

  • Si l’entreprise non européenne agit elle-même en tant qu’importateur, elle est considérée comme le premier opérateur et doit se conformer à l’ensemble des obligations prévues par le règlement EUDR, notamment en matière de diligence raisonnable et de soumission via le système TRACES.
  • En revanche, lorsqu’un fournisseur non européen vend ses produits à un importateur établi dans l’UE, ce dernier devient le premier opérateur. Le fournisseur non européen n’est alors pas directement soumis au règlement. Il doit toutefois être en mesure de fournir et de conserver des données EUDR complètes et fiables — telles que la géolocalisation, les informations sur la chaîne d’approvisionnement et les données relatives aux risques — afin de permettre à son client de soumettre une DDS conforme. Ce point marque une évolution importante des attentes à l’égard des fournisseurs. La capacité à fournir des données EUDR fiables devient un critère de plus en plus déterminant dans les décisions d’achat des entreprises européennes.

Pour approfondir ces notions, consultez notre checklist EUDR dédiée aux importateurs, qui détaille les rôles, le périmètre et les principales définitions applicables.

(Premiers) opérateurs en aval et négociants

Les opérateurs en aval interviennent après la mise sur le marché de l’UE. Cela inclut les négociants — tels que les grossistes, distributeurs et détaillants — ainsi que les opérateurs qui transforment des produits déjà mis sur le marché en nouveaux produits concernés par l’EUDR.

La charge administrative liée au règlement a été allégée pour ces acteurs : ils ne sont plus tenus de soumettre une déclaration de diligence raisonnable (DDS) indépendante. En revanche, leurs obligations de conformité demeurent substantielles. Les entreprises en aval doivent être en mesure de relier les produits commercialisés à une DDS en amont, de conserver les informations pertinentes pendant au moins cinq ans et de répondre aux contrôles des autorités compétentes. Concrètement, cela implique de :

  • Maintenir une traçabilité continue tout au long de la chaîne d’approvisionnement ;
  • S’assurer que chaque produit peut être rattaché à une DDS en amont, notamment en conservant les numéros de référence DDS fournis par les fournisseurs ;
  • Conserver les registres requis relatifs aux produits et aux fournisseurs ;
  • Coopérer avec les autorités compétentes en cas de contrôle.

Pour savoir rapidement où vous en êtes dans le cadre de l’EUDR et identifier vos prochaines étapes, répondez à notre questionnaire — moins d’une minute suffit.

Comment les premiers opérateurs et ceux en aval doivent mettre à profit l’année supplémentaire 

Cette année supplémentaire constitue une opportunité de renforcer les processus et de réduire les risques liés à la mise en œuvre. Les entreprises qui utiliseront ce délai pour normaliser leurs données, automatiser leurs workflows et renforcer la traçabilité aborderont la fin de l’année 2026 avec une pression opérationnelle nettement réduite.

Pour les premiers opérateurs, la priorité reste la mise en œuvre d’un devoir de vigilance à l’échelle industrielle. Les exigences réglementaires n’ayant pas évolué, l’enjeu porte désormais sur le déploiement à grande échelle : automatisation des processus, configurations système évolutives et structures de données prêtes pour l’audit. L’année 2026 doit être mise à profit pour intégrer la création et la validation des DDS dans des workflows reproductibles, renforcer la collecte des données des fournisseurs — en particulier la géolocalisation — et constituer des dossiers documentaires conformes.

Pour les opérateurs et négociants en aval, la priorité est la traçabilité et le contrôle. Même avec la simplification des étapes liées à TRACES, la préparation reste essentielle : les flux de produits et les numéros de référence doivent demeurer solidement rattachés au devoir de vigilance en amont. Sans une visibilité complète sur la chaîne d’approvisionnement, la gestion des risques se fragilise et l’exposition juridique augmente. Le délai supplémentaire doit donc servir à fiabiliser la saisie des données, la gestion des numéros de référence, la tenue des registres et la capacité à répondre rapidement aux demandes des autorités.

Préparation à l’EUDR : recommandations selon votre niveau de maturité

Que vous en soyez aux premières étapes, en cours de déploiement, déjà prêt pour l’EUDR ou pas encore directement concerné, des actions concrètes peuvent être engagées dès maintenant pour limiter les risques et éviter une mise en conformité d’urgence. Les recommandations ci-dessous indiquent les priorités sur lesquelles vous concentrer, en fonction de votre niveau de maturité actuel face aux exigences de l’EUDR.

Pas encore commencé

Commencez par définir le périmètre et établir une cartographie claire. Identifiez l’ensemble des produits, des matières premières et des codes NC/SH concernés par l’EUDR, puis cartographiez les fournisseurs et les zones d’approvisionnement associées. Cette étape permet de clarifier votre niveau d’exposition et l’ampleur des efforts à prévoir.

Définissez ensuite les exigences et la configuration cible. Identifiez les données nécessaires — géolocalisation, parcelles, chaîne de contrôle, certifications — et le responsable en interne. Déterminez également le niveau d’automatisation attendu à l’horizon 2026–2027. Les approches manuelles ne permettront ni de gérer les DDS au niveau des expéditions ni d’assurer une surveillance continue : le choix des outils et des systèmes doit donc intervenir dès cette phase.

Déjà en cours

Les équipes qui maintiennent leur dynamique à ce stade évitent les goulots d’étranglement et les tensions avec les fournisseurs.

Mettez à profit le délai supplémentaire pour renforcer l’engagement des fournisseurs, améliorer la qualité des données et tester les workflows. Une transparence précoce permet d’identifier les lacunes tant qu’il est encore possible de les corriger, réduisant ainsi les risques de non-conformité et la pression opérationnelle à l’approche des échéances.

EUDR déjà mis en œuvre

Considérez l’EUDR comme une infrastructure durable, et non comme un projet ponctuel. Les dispositifs les plus matures peuvent être étendus à la gestion des fournisseurs, à la surveillance des risques et au reporting, dans la mesure où les mêmes modèles de données soutiennent la transparence de la chaîne d’approvisionnement et d’autres cadres de devoir de vigilance.

C’est également le moment de réévaluer le niveau d’automatisation. Lorsque les processus reposent encore largement sur des tâches manuelles, le retour sur investissement reste limité. Les meilleures pratiques visent à réduire les efforts grâce à la réutilisation des données, à des workflows plus intelligents et à une automatisation renforcée au sein des équipes conformité, achats et développement durable.

Entreprises hors champ

Même les entreprises qui ne sont pas concernées à ce stade peuvent tirer parti d’une transparence minimale de leur chaîne d’approvisionnement. Le périmètre réglementaire est susceptible d’évoluer ; les priorités de contrôle peuvent se déplacer et les attentes des clients s’orientent de plus en plus vers un approvisionnement traçable et exempt de déforestation.

Dans ce contexte, une auto-évaluation de la transparence ou des pratiques de devoir de vigilance constitue souvent le point de départ le plus pertinent pour mesurer le niveau de préparation actuel et identifier d’éventuelles lacunes.

Mise en œuvre pratique de l’EUDR : pourquoi planifier à rebours depuis la chaîne d’approvisionnement

Les commandes sont passées plusieurs mois avant l’arrivée effective des marchandises, et les documents de conformité doivent être prêts bien avant que les processus d’expédition et de dédouanement ne les exigent. La préparation à l’EUDR doit donc être pensée à rebours, en partant du cycle réel de la chaîne d’approvisionnement — commande → délais d’approvisionnement → réception des marchandises — les données fournisseurs et les preuves de devoir de vigilance devant précéder les flux physiques.

Dans la pratique, de nombreuses entreprises ont besoin de plusieurs mois pour déployer des processus EUDR automatisés et évolutifs, et pour accompagner les transformations internes au sein des équipes achats, conformité, logistique et IT. Un démarrage tardif comprime l’intégration des fournisseurs, la collecte des données et l’adaptation des processus dans des délais irréalistes, augmentant ainsi le risque de lacunes dès les premières expéditions.

Plan de projet indicatif (exemple de calendrier)

  • D’ici février 2026 : définir le périmètre, attribuer les responsabilités et sélectionner le système ou le partenaire EUDR.
  • D’ici mai–juin 2026 : formaliser les processus cibles et configurer les principaux workflows.
  • Juin–août 2026 : intégrer les fournisseurs prioritaires et déployer la géolocalisation ainsi que la collecte des preuves.
  • Août–septembre 2026 : réaliser des tests de bout en bout sur des commandes réelles et combler les lacunes de données afin de stabiliser les opérations.

Septembre–novembre 2026 : basculer vers une exécution opérationnelle stable des marchandises entrantes, afin que la conformité devienne un processus courant.

Si vous ne savez pas encore par où commencer, nous proposons une série de webinaires live consacrés à la préparation à l’EUDR. Ils permettent de suivre les évolutions réglementaires de manière régulière, claire et sans pression. Inscrivez-vous à la prochaine session !

Pourquoi agir maintenant ?

Le calendrier de l’EUDR a évolué, mais la réalité opérationnelle, elle, reste inchangée. Les équipes doivent être prêtes bien en amont de la date officielle d’application afin d’éviter les goulots d’étranglement de dernière minute. Un plan de projet réaliste inclut la définition du périmètre, la collecte des données auprès des fournisseurs, l’intégration et les tests des systèmes, puis la montée en charge progressive des opérations quotidiennes.

La mise en place d’un dispositif EUDR de bout en bout prend généralement plusieurs mois. Les entreprises qui tireront parti de cette année supplémentaire pour structurer leur conformité, renforcer la transparence de leur chaîne d’approvisionnement et automatiser leurs processus seront prêtes lorsque la réglementation entrera en vigueur — et mieux positionnées que celles qui attendent.

L’EUDR ne doit pas être abordée comme une obligation ponctuelle, mais comme un socle pour améliorer durablement la transparence, la gestion des risques et la préparation aux exigences réglementaires futures. Avec osapiens HUB for EUDR, les entreprises peuvent remplacer les approches manuelles par une configuration évolutive réunissant traçabilité, évaluation des risques et automatisation au sein d’une plateforme unique. À la clé : une mise en conformité plus rapide, un effort opérationnel réduit et une gestion des données fournisseurs plus robuste dans un environnement réglementaire en constante évolution.

Demandez une évaluation de votre niveau de préparation à l’EUDR par osapiens afin d’identifier le chemin le plus direct vers une conformité opérationnelle et une transparence accrue de votre chaîne d’approvisionnement.