Règlement de l'UE sur le travail forcé

Règlement de l’UE sur le travail forcé

Le règlement de l’UE sur le travail forcé (FLR), officiellement le règlement (UE) n° 2024/3015, interdit à toute entreprise qui commercialise, met à disposition ou exporte des produits sur le marché de l’Union européenne (UE) de faire le commerce de biens fabriqués en recourant au travail forcé à n’importe quel stade de la chaîne d’approvisionnement, selon la définition établie par l’Organisation internationale du travail (OIT).

Prochaine échéance pertinente :

14 décembre 2027 : les produits fabriqués en recourant au travail forcé ne pourront plus être mis sur le marché, mis à disposition sur le marché ou exportés depuis le marché de l’UE.

 

Le règlement sur le travail forcé est entré en vigueur le 13 décembre 2024, avec une période de transition de trois ans avant l’application de l’interdiction. Les produits faisant l’objet de contrats et s’approvisionnés dans le cadre des cycles d’achat actuels seront encore sur le marché en décembre 2027 ; les preuves relatives à la chaîne d’approvisionnement nécessaires pour démontrer qu’ils sont exempts de travail forcé doivent donc être constituées bien avant cette date. Les étapes intermédiaires de 2025 et 2026 fixent des obligations pour les États membres et la Commission européenne. Le 14 décembre 2027 est la date à laquelle l’interdiction s’appliquera directement aux entreprises.

Calendrier du règlement sur le travail forcé

13 décembre 2024

13 décembre 2024

Le règlement (UE) n° 2024/3015 entre en vigueur. La période de transition de trois ans commence.

17 mai 2026

17 mai 2026

Entrée en vigueur du règlement d’exécution (UE) 2026/903, qui établit le module consacré au travail forcé au sein du système d’information de surveillance du marché de l’UE (ICSMS) afin de coordonner les enquêtes transfrontalières.

14 décembre 2026

14 décembre 2026

Date limite à laquelle les États membres doivent notifier leurs règles en matière de sanctions à la Commission européenne.

14 décembre 2025

14 décembre 2025

Date limite pour que les États membres désignent leurs autorités nationales compétentes et en informent la Commission européenne. La liste de ces autorités est publiée sur le portail unique consacré au travail forcé.

14 juin 2026

14 juin 2026

Date limite à laquelle la Commission européenne doit publier les lignes directrices de mise en œuvre, la base de données publique répertoriant les zones et les produits présentant un risque de travail forcé, ainsi que la méthodologie de calcul des sanctions financières.

14 décembre 2027

14 décembre 2027

L'interdiction s'applique. Les produits fabriqués par le recours au travail forcé ne peuvent plus être mis sur le marché, mis à disposition ou exportés depuis le marché de l'UE.

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  • 2024
    13 décembre 2024

    13 décembre 2024

    Le règlement (UE) n° 2024/3015 entre en vigueur. La période de transition de trois ans commence.

  • 2025
    14 décembre 2025

    14 décembre 2025

    Date limite pour que les États membres désignent leurs autorités nationales compétentes et en informent la Commission européenne. La liste de ces autorités est publiée sur le portail unique consacré au travail forcé.

  • 2026
    17 mai 2026

    17 mai 2026

    Entrée en vigueur du règlement d’exécution (UE) 2026/903, qui établit le module consacré au travail forcé au sein du système d’information de surveillance du marché de l’UE (ICSMS) afin de coordonner les enquêtes transfrontalières.

  • 14 juin 2026

    14 juin 2026

    Date limite à laquelle la Commission européenne doit publier les lignes directrices de mise en œuvre, la base de données publique répertoriant les zones et les produits présentant un risque de travail forcé, ainsi que la méthodologie de calcul des sanctions financières.

  • 14 décembre 2026

    14 décembre 2026

    Date limite à laquelle les États membres doivent notifier leurs règles en matière de sanctions à la Commission européenne.

  • 2027
    14 décembre 2027

    14 décembre 2027

    L'interdiction s'applique. Les produits fabriqués par le recours au travail forcé ne peuvent plus être mis sur le marché, mis à disposition ou exportés depuis le marché de l'UE.

Ce qu’exige le règlement sur le travail forcé

Le règlement sur le travail forcé (règlement (UE) 2024/3015) interdit la mise sur le marché de l’UE des produits fabriqués en recourant au travail forcé, qu’ils soient fabriqués au sein de l’UE ou importés, et interdit leur exportation. Cette interdiction s'applique au produit lui-même, et non à une catégorie d'entreprises, selon une approche axée sur les produits similaire à celle du règlement de l'UE sur la déforestation. Elle s'applique à tous les opérateurs économiques, définis comme toute personne physique ou morale qui met ou rend des produits disponibles sur le marché, sans exemption pour les petites et moyennes entreprises ni exception par secteur. Les ventes en ligne et à distance destinées aux consommateurs de l’UE sont couvertes. La notion de travail forcé suit la définition de la convention n° 29 de l’OIT : tout travail exigé sous la menace d’une sanction et non effectué volontairement, y compris le travail forcé imposé par l’État et le travail forcé des enfants. Le règlement n’instaurera aucune nouvelle obligation de diligence raisonnable allant au-delà de la législation européenne et nationale existante.

Principaux défis pour les équipes chargées de la conformité et des marchés publics

Prouver que les produits sont exempts de travail forcé à tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement

L’interdiction s’applique à toutes les étapes de la production ; le risque peut donc se situer plusieurs niveaux en amont, bien au-delà des fournisseurs directs. La plupart des entreprises ont une visibilité sur le niveau 1, mais disposent de peu de données structurées en aval, et les indicateurs relatifs au travail forcé sont rarement divulgués de manière volontaire. Pour constituer des preuves solides, il faut cartographier la chaîne d’approvisionnement jusqu’à la source et collecter des documents auprès de fournisseurs à qui on ne les a jamais demandés.

Pas de nouvelle obligation de diligence raisonnable, mais c’est la diligence raisonnable qui détermine l’issue

Le règlement n’ajoute aucune obligation autonome de diligence raisonnable, ce qui conduit certaines entreprises à le considérer comme une obligation moins contraignante que la directive sur la diligence raisonnable en matière de durabilité des entreprises (CSDDD). Dans la pratique, c’est la diligence raisonnable documentée que les autorités prennent en compte pour décider d’ouvrir ou non une enquête, et c’est son absence qui expose une entreprise à une telle enquête. C’est dans cet écart entre le texte juridique et la réalité opérationnelle que la plupart des préparatifs échouent.

Évaluation des produits et des régions au regard des signaux de risque en constante évolution

L’application de la réglementation repose sur une approche fondée sur les risques : les autorités donnent la priorité aux secteurs, régions et produits présentant les indicateurs de travail forcé les plus élevés, en s’appuyant sur la base de données publique de la Commission européenne relative aux risques. Les entreprises doivent analyser leur propre portefeuille à la lumière de ces mêmes signaux, sur des milliers de sites fournisseurs, et maintenir cette évaluation à jour à mesure que la base de données et les sources externes sont mises à jour. L’analyse manuelle ne permet pas de faire face à un tel volume ni à une telle fréquence.

Les mesures coercitives ont des conséquences au niveau des produits, et ne se limitent pas à des amendes

Une infraction confirmée peut entraîner le retrait des produits du marché, leur blocage à la douane ou leur mise au rebut, sans possibilité de réexportation. Les décisions sont partagées entre les États membres via un module dédié au travail forcé dans le système d’information sur la surveillance du marché de l’UE ; ainsi, une interdiction dans un pays s’applique au produit dans toute l’Union. L’impact commercial et sur la réputation d’une décision d’interdiction publique l’emporte souvent sur la sanction financière elle-même.

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